Il devient de plus en plus courant de voir des dashcams, ces caméras embarquées installées à l’intérieur des véhicules. Elles peuvent filmer aussi bien l’extérieur de la route que l’habitacle. D’abord répandues dans les pays anglophones, elles se sont progressivement installées en France.
Mais une question demeure : est-il légal d’équiper sa voiture d’une telle caméra et d’en utiliser les images ? Et si oui, ces enregistrements peuvent-ils servir de preuve en cas d’accident ?
En bref
- L’enregistrement ou la diffusion d’images sans consentement est interdit par le Code pénal et le Code civil.
- Les dashcams peuvent servir de preuve en justice, mais leur acceptation dépend du contexte.
- Pour publier des images, il faut flouter visages et plaques si le consentement n’est pas obtenu.
Cadre légal des caméras embarquées
La législation française est très claire sur la protection de la vie privée. L’article 226‑1 du Code pénal interdit d’enregistrer ou de diffuser des images portant atteinte à l’intimité d’autrui sans son consentement ou à son insu.
Même un particulier qui installe une dashcam est soumis aux règles de protection des données personnelles (RGPD).
L’article 9 du Code civil rappelle que chacun a droit au respect de sa vie privée. Cela signifie qu’une dashcam ne peut pas servir à espionner d’autres usagers de la route ou à enregistrer des conversations privées à l’insu des passagers. Toute publication sur les réseaux sociaux nécessite l’autorisation des personnes filmées. À défaut, il est impératif de flouter les visages et les plaques d’immatriculation pour rester conforme à la loi.
Utilisation de la dashcam dans différents contextes
Les dashcams ont des usages variés, mais leur légalité dépend du respect du consentement et du cadre juridique.
- Usage personnel : sécurité du conducteur, preuve d’accidents.
- Usage professionnel : taxis, transports en commun, flotte d’entreprise.
Tableau récapitulatif
| Utilisation | Acceptation comme preuve |
|---|---|
| Assurance automobile | Souvent acceptée pour sinistres |
| Tribunal civil | La loyauté de la preuve est examinée, acceptation dépend du contexte |
| Tribunal pénal | Acceptée selon CPP article 427 |
Dashcam et preuves judiciaires
En matière pénale, la preuve est libre selon l’article 427 du Code de procédure pénale. Cela signifie que les enregistrements d’une dashcam peuvent être présentés devant les tribunaux, à condition qu’ils n’aient pas été obtenus par un acte manifestement illégal.
En matière civile, la loyauté de la preuve est primordiale. Une captation réalisée à l’insu d’une personne ou sans consentement n’est pas automatiquement recevable, mais certains juges peuvent l’accepter si elle est cruciale pour l’affaire.
Concernant l’assurance automobile, plusieurs assureurs commencent à reconnaître les dashcams comme preuve des circonstances d’un sinistre. Cependant, il est conseillé de vérifier les conditions générales et de s’assurer que la captation respecte la législation sur la vie privée.
Bonnes pratiques pour l’usage d’une dashcam
Pour utiliser une dashcam en toute légalité et sécurité :
- Respecter la vie privée : informer les passagers et éviter les enregistrements de conversations privées.
- Flouter plaques et visages : obligatoire si publication sur internet ou réseaux sociaux.
- Stockage sécurisé : conserver les vidéos sur un support protégé et limiter la diffusion.
- Utilisation responsable : ne pas installer la caméra de manière à gêner la conduite.
Le cabinet Émilie Le Pen conseille à ses clients de toujours vérifier la conformité légale avant de publier ou transmettre les vidéos, afin de prévenir tout litige.
FAQ – questions fréquentes
- Est-ce légal d’utiliser une dashcam dans sa voiture ?
Oui, mais uniquement pour un usage personnel. La diffusion d’images doit respecter le droit à la vie privée. Son utilisation ne doit pas perturber la conduite. - Puis-je publier mes vidéos sur les réseaux sociaux ?
Non, sauf si toutes les personnes filmées ont donné leur consentement. Sinon, il faut flouter visages et plaques d’immatriculation. - Une dashcam peut-elle servir de preuve devant un tribunal ?
Oui, en matière pénale, ces images peuvent être acceptées. En matière civile, l’acceptation dépend du contexte. - Quels risques si je filme à l’insu d’un passager ?
Vous risquez des sanctions pénales pour atteinte à la vie privée. - Les assureurs acceptent ils les dashcams comme preuve ?
De plus en plus, surtout pour prouver les circonstances d’un accident, mais il faut vérifier les conditions de l’assurance. - Comment protéger les données enregistrées ?
Stockez-les sur un support sécurisé, limitez l’accès, et supprimez-les dès qu’elles ne sont plus utiles.
En cas de litige automobile, bénéficier d’un conseil éclairé est essentiel. Le cabinet Émilie Le Pen, intervenant en droit automobile, vous accompagne dans toutes vos démarches.


