Le vol de cryptomonnaie est une situation de plus en plus fréquente. Piratage d’un portefeuille numérique, escroquerie à l’investissement, faux conseiller ou phishing : les méthodes utilisées par les fraudeurs se multiplient. Pourtant, contrairement à une idée reçue, perdre des cryptoactifs ne signifie pas qu’il n’existe aucun recours.
Le droit français permet aujourd’hui d’engager différentes actions pour identifier les auteurs, tenter de récupérer les fonds ou rechercher la responsabilité de certains intervenants. Encore faut-il agir rapidement et adopter la bonne stratégie.
Le cabinet d’Émilie Le Pen accompagne les victimes de fraudes bancaires et de litiges liés aux actifs numériques afin de défendre leurs intérêts et d’évaluer les recours les plus adaptés.
En bref
- Le vol de cryptomonnaie ne prive pas automatiquement la victime de tout recours juridique.
- Une action rapide permet souvent de préserver des preuves essentielles et d’augmenter les chances de retrouver les fonds.
- Selon les circonstances, la responsabilité d’une plateforme, d’un prestataire ou d’une banque peut être engagée.
Pourquoi les vols de cryptomonnaies sont-ils si difficiles à résoudre ?
Les cryptoactifs reposent sur la technologie blockchain. Toutes les transactions sont enregistrées de façon permanente, mais les utilisateurs restent généralement identifiés uniquement par une adresse numérique.
Cette particularité rend les transferts très faciles à suivre… mais beaucoup plus difficiles à rattacher à une personne physique.
Les fraudeurs utilisent souvent plusieurs portefeuilles numériques, des plateformes étrangères ou des services destinés à brouiller les pistes avant de convertir les fonds.
Pour autant, ces difficultés ne rendent pas les investigations impossibles. Les autorités et les experts spécialisés disposent aujourd’hui d’outils permettant de retracer de nombreux mouvements sur la blockchain.
Quels sont les recours possibles après un vol de cryptomonnaie ?
En pratique, plusieurs actions peuvent être engagées simultanément.
Déposer une plainte pénale
Lorsqu’un portefeuille numérique est vidé sans autorisation ou qu’une escroquerie est commise, une plainte peut être déposée.
Selon les circonstances, les faits peuvent relever :
- du vol ;
- de l’escroquerie ;
- du blanchiment ;
- de l’accès frauduleux à un système informatique.
L’objectif est d’identifier les auteurs mais également de permettre aux enquêteurs de procéder, lorsque cela est possible, à des investigations sur les flux de cryptomonnaies.
Des juridictions françaises ont déjà admis la saisie et la confiscation de cryptoactifs dans plusieurs affaires de fraude.
Une action civile peut-elle permettre d’obtenir une indemnisation ?
Oui. Une victime de vol de cryptomonnaie peut engager une action devant les juridictions civiles, mais aucune indemnisation n’est automatique.
Selon les circonstances, plusieurs outils juridiques peuvent être mobilisés. L’objectif peut être d’engager la responsabilité d’un professionnel ayant commis une faute, mais aussi d’obtenir des mesures permettant d’identifier l’auteur du détournement, de préserver les preuves, de retracer les crypto-actifs et, lorsque cela est possible, de faire bloquer les fonds afin d’éviter leur dispersion.
L’action peut notamment concerner :
- une plateforme d’échange de cryptoactifs ;
- un prestataire de conservation (wallet ou dépositaire) ;
- une banque, lorsque la fraude implique des opérations de paiement ;
- toute autre personne ou intermédiaire ayant participé au détournement ou ayant manqué à ses obligations.
Selon la stratégie retenue, le juge pourra être amené à ordonner des mesures d’investigation ou à apprécier la responsabilité des différents intervenants. Les juridictions examinent notamment les circonstances de la fraude, les mesures de sécurité mises en œuvre, les obligations légales et contractuelles des professionnels, ainsi que le comportement des parties.
La plateforme d’échange est-elle toujours responsable ?
Non.
Une plateforme n’est pas responsable du seul fait qu’un piratage est intervenu.
Les juges vérifient notamment :
- si les dispositifs de sécurité étaient suffisants ;
- si la plateforme respectait ses obligations réglementaires ;
- si le client a lui-même protégé correctement ses identifiants.
Par exemple, lorsqu’un compte de messagerie est piraté parce que l’utilisateur n’avait pas activé les protections recommandées, la responsabilité de la plateforme peut être écartée.
Chaque situation nécessite donc une analyse précise.
La banque peut-elle être responsable ?
Certaines victimes découvrent que des virements ont été effectués vers une plateforme de cryptomonnaies sans qu’elles en aient conscience.
Là encore, tout dépend des circonstances.
La présence d’une authentification forte ne signifie pas automatiquement que la banque est dégagée de toute responsabilité.
Elle constitue un élément important dans l’analyse du dossier, mais ne suffit pas, à elle seule, à prouver que le client a valablement autorisé l’opération ou qu’il a commis une négligence grave.
Chaque situation doit être examinée au regard des circonstances de la fraude, des mesures de sécurité mises en œuvre par la banque et du comportement du client. Selon les cas, la victime peut donc conserver un droit au remboursement, même lorsque l’opération a été validée au moyen d’une authentification forte.
En outre, lorsqu’une anomalie manifeste existe ou qu’une obligation légale n’a pas été respectée, sa responsabilité peut parfois être recherchée.
Agir rapidement est essentiel
Le temps joue souvent contre la victime.
Plus les jours passent, plus les cryptoactifs risquent d’être transférés sur différents portefeuilles ou convertis en d’autres monnaies numériques.
Dès la découverte du vol, il est conseillé de :
- conserver toutes les preuves ;
- enregistrer les adresses des portefeuilles concernés ;
- sauvegarder les captures d’écran ;
- ne plus communiquer avec les fraudeurs ;
- consulter rapidement un avocat.
Dans certains dossiers, le juge peut également ordonner des mesures permettant d’identifier les titulaires de certains portefeuilles ou de préserver des éléments de preuve.
Les premières démarches à effectuer
| Action | Pourquoi ? | Délai conseillé |
|---|---|---|
| Sauvegarder toutes les preuves | Éviter leur disparition | Immédiatement |
| Déposer plainte | Lancer les investigations | Le plus rapidement possible |
| Signaler les faits à la plateforme | Limiter les mouvements des actifs | Dans la journée |
| Consulter un avocat | Déterminer la meilleure stratégie | Sans attendre |
Pourquoi faire appel à un avocat ?
Les dossiers de vol de cryptomonnaie sont souvent complexes.
Ils nécessitent de comprendre :
- les aspects techniques de la blockchain ;
- les règles du droit bancaire ;
- les obligations des plateformes de cryptoactifs ;
- les procédures civiles et pénales.
Une erreur dans les premières démarches peut compliquer les investigations.
Le cabinet d’Émilie Le Pen accompagne les victimes dans l’analyse du dossier, la constitution des preuves, les échanges avec les plateformes et les banques ainsi que dans les procédures judiciaires lorsque cela est nécessaire.
Pour obtenir des informations officielles sur les signalements d’escroqueries en ligne, il est également possible de consulter la plateforme gouvernementale Cybermalveillance.gouv.fr : https://www.cybermalveillance.gouv.fr.
FAQ
Peut-on récupérer des cryptomonnaies volées ?
Oui, mais cela dépend de nombreux facteurs. Plus les démarches sont engagées rapidement, plus les chances d’identifier les flux et les responsables augmentent.
Une plateforme est-elle obligée de rembourser les fonds ?
Non. La victime doit généralement démontrer une faute ou un manquement du prestataire.
La blockchain permet-elle de retrouver les auteurs ?
La blockchain permet de suivre les transactions. En revanche, identifier la personne qui contrôle un portefeuille nécessite souvent des investigations complémentaires.
Dois-je déposer plainte même si les auteurs sont à l’étranger ?
Oui. Les enquêtes internationales sont fréquentes dans ce type d’affaires et certaines plateformes coopèrent avec les autorités.
Ma banque peut-elle refuser de me rembourser ?
Oui, notamment lorsqu’elle démontre que l’opération a été valablement authentifiée et qu’une faute a été commise.
Pourquoi consulter rapidement un avocat ?
Parce que certaines mesures judiciaires permettent de préserver des preuves ou d’obtenir des informations essentielles avant que les cryptoactifs ne disparaissent définitivement.
Ne restez pas seul face à une fraude
Chaque affaire de vol de cryptomonnaie présente des particularités. Une analyse juridique rapide permet d’identifier les recours envisageables, de préserver les preuves et d’évaluer les responsabilités éventuelles des différents intervenants. Si vous êtes victime d’une fraude impliquant des actifs numériques, le cabinet d’Émilie Le Pen vous accompagne avec une approche personnalisée afin de défendre efficacement vos droits, que vous soyez situé en Bretagne ou partout en France.


